Hommage aux courageux entrepreneurs urbains chinois


Hommage aux courageux entrepreneurs urbains chinois

En Chine l’entrepreneuriat est partout, et pas toujours là où on l’attend.

En France, on parle beaucoup du statut d’auto-entrepreneur, qui permet à tout un chacun de monter un petit business sans avoir à surmonter des démarches administratives colossales. C’est ce statut que l’on pourrait  attribuer aisément à ces milliers de chinois qui se sont créés leur propre activité rémunératrice, et qui travaillent dans la rue, sans emplacement réservé, mais avec l’espoir de gagner de quoi vivre.

Les vendeurs ambulants, de vrais entrepreneurs

Parmi eux, il y a ces centaines de vendeurs ambulants que l’on rencontre à tous les coins de rues de la ville, et qui vous cèdent autant de fruits, de légumes, et d’amuses gueules que vous aurez de yuans en poche. Ca vous en coûtera généralement entre 3 et 10Y, rarement plus. Evidemment c’est souvent au poids, leur système de mesure pouvant d’ailleurs paraitre aussi authentique que rudimentaire.

Tous ceux qui mettent un pied en Chine réalisent à quel point le snacking est un art de vivre pour les chinois. Difficile de se balader en ville sans céder à la tentation d’une patate douce cuite au barbecue, d’un pain vapeur (baozi), d’une brochette d’ananas frais, de mini-cakes aux haricots rouges, de têtes de canard confites, d’un morceau de nougat chinois, de sushis, de crêpes…etc

Les chinois ont toujours quelque chose à grignoter sous la main, et nous aussi finalement. On sait, c’est mal de manger entre les repas, mais on a qu’une vie, et nous sommes tous les deux très gourmands.

Et au delà du point de vue consommateur qu’on pourrait vous apporter, c’est le point de vue de ces entrepreneurs urbains chinois que l’on souhaiterait vous apporter. Malheureusement, notre niveau de mandarin n’est pas encore suffisant pour parler avec eux de leur activité, alors on s’interroge sans nécessairement avoir les bonnes réponses.

A quel point cette activité est-elle rentable ?

Prenons l’exemple d’un vendeur de patates douces au barbecue (notre préféré!). Sur la base d’un stock de 60 patates douces par jour, à un prix de vente d’environ 8Y la patate douce de 200g, il ferait un chiffre d’affaires de 480Y par jour. En 31 jours (car vous vous en doutez, pour eux il n’y a pas vraiment de week-end ou de RTT…), cet entrepreneur méritant pourrait donc atteindre un chiffre d’affaires de 12 000Y.

Dans le meilleur des mondes ! Car enlevez les jours de pluies et les descentes de police qui les chassent des endroits stratégiques, et déduisez les coûts énergétiques pour faire chauffer le barbecue de rue 12h par jour, son bénéfice sera sans doute réduit de moitié, même s’il est difficile de faire une estimation précise.

Il faut de tout pour faire un monde

Mais à en croire la prolifération de ces entrepreneurs chinois de rues, ça semble être une activité rentable. Sans compter qu’ils ne sont, à priori, soumis à aucune règle fiscale, et que nomadisme = pas de loyer à payer. S’ils réussissent, alors on est plutôt contents pour eux et admiratifs de leur courage et de leur ténacité face à cette situation tenant plus d’une nécessité financière que d’une vocation entrepreneuriale, à l’origine.

Cette admiration est bien à l’opposé du mépris que l’on éprouve à l’égard des mecs qui déchargent des mères chinoises avec leurs gamins de moins de 10 ans à la sortie des clubs occidentaux de Guangzhou pour les faire mendier en pleine nuit jusqu’à ce que la recette soit suffisante. En Chine comme partout ailleurs, rien n’est tout blanc, rien n’est tout noir.

Hugo et Lila, Rions Cantonais

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