Se nourrir à Guangzhou #1


Pré-requis n°1 :  Il revient plus cher de cuisiner chez soi que de manger à l’extérieur.

Conséquence : nous n’avons pas encore baptisé notre cuisine. Notre colloc John s’y est risqué pour tenter un breakfast à l’américaine (bacon et oeuf au plat), mais étrangement le bacon reste ouvert dans le frigo depuis plusieurs jours et il nous a récemment parlé d’un endroit super sympa qui sert des breakfast US pas très loin d’ici🙂.

Pré-requis n°2 : Nous mangeons dans des restaurants dans lesquels personne ne mettrait les pieds en France. Ici, pas de menu à l’entrée, pas de déco, pas d’ambiance romantique ou branchée, des serveurs qui crachent devant toi dans leurs poubelles à crachat, du PQ accroché au mur en guise de serviette, des climatisations qui rejettent des cafards de temps à autre, une odeur d’égout sur le seuil de la porte, et des cuisines qui ne passeraient pas les contrôles d’hygiène européens.

Conséquence : Figurez-vous que même si on s’amuse à chaque fois à se demander ce qu’on va retrouver dans notre assiette, vous ne pourriez pas lire la moindre appréhension ni le moindre dégout sur notre visage quand on rentre dans ce genre de restaurant.

C’est une question d’ouverture d’esprit, bien sur ! Non, en réalité, c’est surtout que quand tu as faim, tu ne passes pas 1h à chipoter et à vouloir faire le tour de la ville pour chercher un endroit bien sous tous rapports. Et puis finalement, on ne s’est jamais vraiment posé ce genre de question, car on ne s’est peut-être jamais vraiment attendu à trouver ici un restaurant comme ceux qu’on a l’habitude de fréquenter (et de critiquer) en France. On est Chine, on se doit de s’adapter, et de ne pas penser et agir comme des occidentaux.

Passer commande, l'étape décisive

Par contre évidemment, commander un plat dans un restaurant chinois, c’est un peu comme jouer au loto : tu as des chances d’obtenir quelque chose de sympa, mais tu n’es pas sur que ça corresponde à tes attentes et il faudra t’en accommoder. Car si vous êtes adepte des reproches à l’encontre des serveurs en France, vous le serez beaucoup moins ici, par la force des choses (barrière de la langue pour râler s’exprimer, et différence culturelle).

Heureusement, la plupart des restaurants chinois ont eu la bonne idée de placarder aux murs des photos en A3 des repas qu’ils proposent à la carte. Bon, après quelques jours d’expérience, on remarque que :

1/ Les photos sont identiques d’un restaurant à un autre

2/ Ce que tu retrouves dans ton assiette correspond assez rarement à ce que tu voyais sur la photo

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Mais tout ça, ça ne vous dit pas ce qu’on retrouve dans nos assiettes n’est ce pas ?

Et bien c’est simple : on alterne entre des repas à base de riz, et des repas à base de pâte. Les mauvaises langues diront : c’est cool, ça ne vous change pas trop de votre alimentation étudiante. FAUX ! Car les chinois savent cuisiner le riz et les pâtes de manière étonnante. C’est (presque) à chaque fois un délice. Et bien sur, il n’y a pas que des pâtes ou du riz dans ton assiette. Boeuf, poulet, porc, légumes verts accompagneront riz cantonais ou riz blanc cuit à la vapeur, ainsi que spaghettis ou noodles (pâtes très très fines, parfois au blé et parfois au riz).

Et avec quoi on mange ? Avec un couteau et une fourchette pardi ! Non, on vous la fera pas à vous : rien d’autre que des chopsticks (baguettes) pour attraper tes nouilles dans le potage. Excepté quand tu manges une soupe de pâtes et de viande: ils ont alors le bon goût de rajouter quelque chose qui ressemble à une mini cuillère en céramique, qui est censé t’aider, mais qui ne t’empêche pas vraiment d’éclabousser ton t-shirt.

Le communisme dans votre assiette

Autre différence : lorsque vous venez au restaurant à plusieurs, il ne s’agit pas de commander son plat individuellement. Nous sommes en Chine, (ancien?) symbole du communisme. Alors ici, on commande X plats, et on partage, à l’aide d’une plaque tournante qui occupe 70% de la table et qui permet de faire circuler les plats tout au long du repas.

Choses à savoir avant de commencer à manger :

– La cuisine cantonaise n’a pas pour réputation d’être très épicée, mais certains restaurants  tentent de rivaliser avec la cuisine de la région du Sichuan (région située au nord ouest de la province du Guangdong), réputée pour être la plus épicée du pays. Parfois tu penses manger un champignon, et manque de bol de riz il s’agit d’un piment. Après une petite montée de chaleur et quelques suées, prenez une bonne gorgée de thé et c’est reparti comme en 40.

Fondue Chinoise : choisis ton camp. Le rouge est épicé et donne des suées, l'autre non.

– Avant d’utiliser tes baguettes et ton bol, il faut les laver à l’aide de la première tasse de thé que l’on vient de te servir. Bon, ça on l’a appris au bout d’une semaine, et ne pas les avoir lavés ne nous a pas bouché le …. du … (tiens, faisons un pendu!)

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Notre challenge perpétuel depuis notre arrivée : trouver le meilleur rapport qualité/prix. Et déjà, nous sommes descendus jusqu’à 8Y le repas (=0,9€).

Voici d’ailleurs quelques repères de prix pour manger et boire à Guangzhou :

– Assiette riz vapeur légumes et viande pour 1 personne : entre 8 et 15Y (0,95€<X<1,7€)

– Hot Pot (Fondue Chinoise) dans un grand restaurant  : 50Y (=5,5€)

– Pita (mini Kebab) : 5 Y (= 0,6€)

– Crêpe de rue : 3Y (=0,4€)

Menu Mac Do : 20Y (=2,3€)

– Repas à la cantine du campus : 7Y (=0,8€)

– Canette de Coca au restaurant : 3Y (=0,4€)

– Bouteille d’eau 33cl : 2Y (=0,3€)

– Milk shake : 35Y (=3,9€)

– Bière 660ml à toute heure dans les épiceries : 5Y (=0,6€)

NB : Taux de change pris en compte : 1€ = 8,745 Y (17/09/2011) 

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Dernière petite chose si vous voulez venir diner avec nous un de ces 4 : Les chinois mangent à partir de 17h (on l’a su le jour de notre emménagement, lorsque d’un coup, en fin d’après midi, notre cuisine partageait avec celle du voisin des odeurs de poisson fris à s’en décrocher les sinus). Alors du coup, arriver dans un restaurant à 22h, c’est un peu comme défier la culture locale et ne pas les respecter. Vous serez peut-être servis, mais les 3/4 de la carte ne seront plus disponible, et la serveuse vous fera sans doute la soupe à la grimace.

Info Santé pour finir : Malgré un malaise chez Lila due à une hypoglycémie mêlée à pas mal de fatigue, et quelques douleurs intestinales ponctuelles chez les uns et les autres, nous ne sommes jamais tombés malades jusqu’à présent !! On touche du bois ! Au pire des cas, ça nous donnera l’occasion de faire un article sur la médecine chinoise🙂

A vos baguettes, et à bientôt !

Lila&Hugo