Jishou, on ne fait que passer


Jishou, c’est un peu comme une zone de transit où l’on fait escale sans forcément avoir prévu d’y rester Un petit air de Roumanie se dégage des rues que nous empruntons en bus pour la traverser, en partance vers Fenghuang.

Une vieille dame au dos courbé grimace en portant son panier sur le dos, et passe devant deux hommes qui se font cirer les pompes pour 2 Yuans chacun pendant que des laveurs de glaces s’occupent de leur Audi. Notre bus roule à vive allure et son klaxon retentit toutes les 25 secondes pour signaler sa présence aux autres véhicules, pour éviter d’avoir qui que ce soit sur son chemin. Une gamine joue à la corde à sauter, ses copines la rejoignent pour déguster les granitas qu’elles ont en mains, en longeant une rue jonchée de voitures oubliées et de bâtiments dont les travaux semblent avoir étés abandonnés depuis des années. Le klaxon retentit encore, cette fois pour alerter un de ces piétons qui traverse bille en tête sans se soucier du trafic. Le fou.

Sur le trottoir, un gars fait ses soudures à même le sol, juste devant son magasin de vente de canalisations. Ce ne sont pas vraiment des magasins, plutôt des minuscules entrepôts lugubres, sans porte ni vitrine, donnant directement sur la rue. La vente se déroule également sur le trottoir. A quelques mètres, quelques chiens de rue se baladent.

Jishou, s’il te plait, offre des réfrigérateurs à tes bouchers de rue.

Sur le trottoir d’une des artères principales de la ville, un homme torse nu, clope au bec, étale sur une vieille porte en bois des morceaux de viandes sortis d’un sac poubelle. A l’air libre. Les mouches se font plaisir. Pas même une protection pour éviter à la viande de s’imprégner des gaz issus des pots d’échappements. Ni le vendeur ni le client ne s’encombrent de quelconque gants ou pinces pour attraper les morceaux de viande. Les chinois touchent toujours la viande avant de se décider, et souvent la reposent pour poursuivre leur chemin.  La viande a un goût de Tiers Monde au parfum fumé de gasoil.

Un exemple parmi tant d’autres pour rappeler que les campagnes chinoises sont bien moins équipées que les villes, et que l’absence de règles d’hygiènes est encore plus évidente qu’en ville. La conservation alimentaire se fait dans des conditions bien loin de nos habitudes d’occidentaux, nous qui nous plaignons dés qu’un cheveu du cuistot est tombé dans notre assiette. Mais pensez-vous que les chinois ont plus d’intoxications alimentaires que nous pour autant ?

Hugo Caffarel & Lila Corre pour Rions Cantonais

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