Que la SNCF ne vienne pas se plaindre!


Que les contrôleurs de train de la SNCF ne viennent pas se plaindre!

Train de nuit Guangzhou-Beijing / Durée du trajet : 20 Heures

Nuit ordinairement agitée pour les contrôleurs de train en Chine. Car il n’y a pas d’heure pour collecter les tonnes de déchets des 66 personnes par wagon qui passent 20h dans un train reliant Guangzhou à Pékin. Il y a 18 wagons, et chaque personne produit en moyenne un demi sac de 20L de déchets. Certains chinois entrent dans le train avec davantage de consommables que de vêtements dans leurs valises. Faites le calcul.

Car en Chine, le rôle des contrôleurs ne s’arrête pas à la pêche aux amendes sur la base de contrôle des billets.

Première différence : A l’entrée de chaque wagon se trouve un contrôleur qui effectue un contrôle systématique du billet de toute personne pénétrant à bord du train. Il lui remet une petite carte plastique en échange de son billet, qu’il conserve et viendra lui rendre à la fin du voyage. Imaginez l’organisation pour retrouver le bon billet pour chacune des personnes à bord. Ainsi, tout le monde est en règle, et les contrôleurs n’ont pas à s’inquiéter d’éventuels resquilleurs. Ce qui leur évite d’avoir une réputation de requins à la recherche du chômeur qui n’aura pas pu payer son billet, ou de l’étudiant qui aura oublié sa carte 12-25.

Ensuite, le contrôleur se manifeste régulièrement durant la totalité du trajet. Pendant 20 heures, vous les verrez souvent circuler une serpillère à la main (Car oui, ici les contrôleurs mettent les mains dans la merde, et c’est peu dire aux vues de l’état des toilettes après à peine 1h d’utilisation, sans doute du au fait que les chinois n’ont pas l’habitude des chasses d’eau, généralement remplacée par un sceau d’eau).

Très régulièrement, ils traversent les couloirs étroits en poussant un chariot de victuailles. A la nuit tombée, ils se chargent de fermer la totalité des rideaux de chaque wagon. Ils les rouvriront un par un le lendemain matin, à 7h précises. Sans parler des lanières de sacs à dos qui dépassent, qu’ils ont pour règle de ranger. Et ce n’est que la partie visible de leur mission.

Car bien sur, une fois tous les passagers partis, il s’agit de remettre de l’ordre et de la propreté à bord du train, de collecter les draps usagés et de les remplacer par des draps propres …etc. Alors, que nos gentils contrôleurs de la SNCF ne viennent pas se plaindre de leur condition. Peut-être qu’une petite formation en Chine ferait grand bien à la plupart certains d’entre eux ?

Quoi qu’il en soit, en considérant la tache des contrôleurs et leurs conditions salariales, on aura désormais encore plus de mal à faire preuve d’empathie et de compréhension à l’égard de ceux qui déjà nourrissaient une image pas vraiment à leur avantage avant que nous quittions la France, à base d’amende, de grève, de protestation, de non-amabilité, d’absence de toute notion de service, de … bon, on arrête là pour le lynchage, et ne vous y mettez pas non plus, car nous savons bien que vous avez vous aussi une dent contre eux.

Pour leur défense, on nous dira «Oui mais la France c’est pas la Chine », ou encore «Nos ancêtres ont donné leur vie pour obtenir le genre d’avantages sociaux dont profitent les contrôleurs». Ce à quoi nous répondrons « raison de plus pour se satisfaire des acquis, et arrêter d’en demander toujours plus ». Quand nous étions enfants, et que nous étions trop exigeants, on nous disait « Toi on te donne ça et tu veux ça »Les contrôleurs de la SNCF sont-ils de grands enfants, aux vues de leurs exigences à répétition ? Pourtant, la précocité de leur départ en retraite laisse imaginer qu’ils vieillissent plus vite que nous.

Les employés de la SNCF, voilà un élément Made in France qui ne nous manque toujours pas. Et pourtant, on les revoit le 16 janvier, date de notre retour en France !!