L’expérience Aeroflot : on a testé pour vous


L’expérience Aeroflot : on a testé pour vous

On arrive à l’embarquement de notre vol Shanghai-Moscou avec pas mal d’a priori. Vous lirez ici ou là nombres d’avis très négatifs au sujet de la compagnie aérienne russe Aeroflot. Sans compter les personnes de notre entourage qui ont pris un air inquiet lorsqu’on a mentionné la compagnie aérienne qui allait nous ramener en France.

Mais les vols Shanghai-Paris avec Aeroflot coûtaient 150€ moins cher que toutes les autres compagnies, le choix était vite fait (150€, ça fait 1300 Yuan, soit l’équivalent d’une semaine de vacances dans le Hunan !)

Voici notre avis sur cette compagnie, en quelques points clefs.

Le check-in

Effectivement, dès le check-in, ça commence assez mal. Nous faisons la queue depuis 1h, le vol est censé partir dans 1h30, et il reste près de 200 personnes à enregistrer, qui patientent … de moins en moins patiemment.

Pas content ! Pas content !

Le processus est incroyablement lent, et impossible de savoir pourquoi. Tous les passagers semblent avoir des problèmes de surpoids avec leurs bagages à main. Pourtant, nous apprenons que 10kg sont autorisés. Plus que correct !

aeroflot vol aéroport shanghai 2

Une demoiselle et le chapoteur

La vraie raison, c’est que seulement 3 guichets gérés par des employés chinois un peu dépassés s’occupent d’enregistrer la totalité de la classe économique, et un jeune chinois habillé à la cool chapote l’ensemble des problèmes, en jonglant d’un guichet à un autre, à base de traduction en anglais, en russe ou en chinois, et prend un air désolé pour environ un passager sur 2. La queue ne désemplit pas, ça sent le retard au décollage.

Le chapoteur en pour-parlers

Dans l’avion 

Première surprise : nous sommes accueillis par sans doute l’hôtesse de l’air la plus âgée de toutes les flottes internationales. Ses collègues ont entre 23 et 35 ans, elle affiche la soixantaine bien assumée.

L’avion bouge. C’est parti. En fait non, au bout de 20 minutes de marche arrière, l’avion se gare à nouveau, et nous attendons. Le commandant fait une annonce inaudible, et nous attendons encore. On demande à Dimitry, jeune steward russe, qui bredouille dans un anglais approximatif : « A problem with the aircraft. Vostrapopoulof. Some technical reasons. Porstratof Sirkonov. We are waiting for the permission to take off ».

Rassurant.

L’équipage, bien plus aimable qu’on ne peut le lire sur les forums, débarque avec des bouteilles d’eau à la main pour distribuer quelques verres et occuper les passagers, on est loin des chariots de jus de fruits, vins etc. d’autres compagnies. Qui en fait arriveront un peu plus tard. Arrêtons la médisance ! Mais le prix du vol se justifie sans doute ainsi. Pas d’écran individuel, juste quelques écrans collectifs qui nous diffusent Charlot en début de nuit. Un bon film muet, voilà qui n’est pas stupide, ça évite les problèmes de langues ! A bord il y a autant de russes que de chinois, de français ou d’allemands.

L’espace entre les sièges est standard. Les rangées sont en mode 2-3-2. On nous distribue des journaux russes, chinois ou anglais. On ne sait pas si on voyage avec un Boeing ou un Airbus, une hôtesse nous dit blanc, l’autre noir. Quant à l’intérieur de l’habitacle, les sièges sont certes un poil usé mais rien qui ne perturbera votre confort !

« The world smiles to you »

Voilà un slogan qui rassure, lui aussi.

Au bout d’1h30 d’attente, on décolle. Pas mal de trous d’airs sur les 20 premières minutes, mais rien de particulier. L’ensemble du vol se déroulera sans encombre, l’atterrissage également. Pas de fumée noire.

Gastronomie aérienne

A 4h du mat’, après 1h de vol, on a le droit à un premier plateau repas. Salé, évidemment.

Le 2ème plateau repas arrive à 10h. Salé, également. Et épicé ! On se croirait dans le Sichuan. Le repas n’est pas si cheap, ça reste gouteux. Et on vous file des vraies cannettes de coca, pas des portions pour lilliputiens comme dans les autres compagnies !

Mme Liubov qui gère le couloir de gauche est bien moins sympa que Anna, couloir de droite. Dimitry est jeunot mais fait de son mieux pour être toujours souriant. Quant à Galina, son sourire fait oublier son âge avancé.

Ca débarrasse les plateaux un peu tard, observeront les râleurs, mais faut pas non plus croire que tout le monde sera à vos petits soins en économisant 150€ par rapport à n’importe quel autre vol au même moment et pour la même destination.

Mieux vaut-il pas qu’ils économisent sur la bouffe, les hôtesses et les stewards, plutôt que sur l’appareil et la maintenance ?! Et si le service est donc légèrement en dessous de ce qu’on a pu avoir avec Qatar Airways à l’aller, c’est loin de réveiller la bête râleuse qui est en chacun de nous !

Atterrissage à Moscou

On atterrit à l’aéroport de Moscou avec à peine 20 minutes de retard. Le tarmac est couvert d’une bonne couche de neige. Ce qui n’affole pas les employés de l’aéroport autant que les 20cm de neige que connaissent les automobilistes parisiens une fois par an et qui fout la pagaille. Il est 9h du matin, le soleil n’est pas encore levé, mais nos yeux sont grands ouverts. L’aéroport de Moscou n’a rien du bâtiment soviétique grisâtre et déprimant décrit par certains avis d’internautes. Plein de boutiques de Duty Free, de l’espace, des sièges, des salons pour fumeurs, toilettes propres… Pas de wifi vraisemblablement.

aéroport de moscou sous la neige

Moscou sous la neige

Il nous reste 4h jusqu’à Paris, le vol est opéré par Air France, on est plus rassurés, sur le papier, mais aux vues des complications qu’ont subit certains sur des vols opérés par Emirates il y a quelques jours, voler avec une compagnie réputée ne vous protégera pas de certaines frayeurs aériennes. Avis donc aux petits budgets !

 Goodies du voyage

Update de fin de voyage: Nous avons atterrit sans retard et sommes bien en vie. Malheureusement, à notre arrivée à Paris, pas le temps de dire « ouf » qu’un panneau indiquait « livraison terminée » dans l’espace où nous étions censé récupérer nos bagages. Nos bagages  ne sont pas sur le tapis roulant. Dépôt d’une demande auprès du bureau Air France (qui opérait le vol Moscou- Paris en partenariat avec Aeroflot) qui nous assure que cela arrive régulièrement sur ce tronçon et qu’elles ne sont pas perdues. « Vraisemblablement oubliées à Moscou ». « Qu’une question de temps. »

En attendant d’en être convaincu et de retrouver nos valises livrées à la maison, force est de constater que pour rentrer jusqu’au domicile parental, nous avons voyagé légers !