Immersion chez les chinois : scène de la vie de tous les jours

En termes d’illustrations, nous vous invitons à consulter nos photos sur notre page facebookUploader des photos sur ce blog prend beaucoup trop de temps compte tenu de la connexion chinoise.

Sélection spéciale de situations embarrassantes et d’anecdotes typiquement chinoises :

Nominée n°1: Se faire dévisager à longueur de journée

Tous les jours, nous sommes dévisagés de haut en bas. Récemment, dans un bus de ville, 4 chinoises qui ne se connaissaient pas avant cela ont passé leur trajet à étudier les yeux de Lila et de Francesca (Italienne), sans s’encombrer d’une quelconque discrétion. Hier, nous montions à bord d’un métro en compagnie d’un ami allemand qui parlait relativement fort. D’un seul coup, une cinquantaine de paire d’yeux bridés nous fixèrent au même moment, sans nous lâcher du regard pendant une bonne minute.

Parfois on s’en amuse, parfois ça devient assez gênant, à tel point qu’on en vient à comprendre ce que peut ressentir un étranger chez nous. Une leçon de vie, en quelques sortes.

Nominée n°2 : Se moquer d’une incompétente en français et découvrir qu’elle nous comprend.

Parmi les 4 personnes de l’administration qui s’occupaient de checker nos papiers et d’y intégrer un coup de tampon rouge pour finaliser une énième formalité administrative pour l’inscription à l’université, l’une d’entre elles était là à ne rien faire, sourire (niais) aux lèvres, comme pour nous narguer, malgré toute l’innocence de son visage, alors que nous attendions debout depuis plus d’une heure ici et que nous avions déjà essuyé plus de 6h d’attente durant les 2 derniers jours. Les nerfs lâchent. Entre français, nous avons choisi d’en rigoler histoire de décompresser. « Je comprends le français » nous a-t-elle alors lancé, toujours avec ce même sourire un peu niais.

Nominée n°3 :  La serviabilité chinoise

Les salariés de notre agence immobilière doivent sans doute avoir la clause suivante dans leur contrat « Le salarié devra être capable de servir tout individu occidental, à la vie à la mort, de 9h30 à 23h ». Car lorsque tu rentres chez Tang Zheng, on te sert systématiquement un verre d’eau. Quand tu en sors et qu’il pleut, ils te prêtent des parapluies. Quand le propriétaire doit venir récupérer ses 30 kgs de vêtements dans ton appartement, 4 agents sont mobilisés par la chef de l’agence pour venir l’aider. Si un étudiant ne sait pas comment indiquer une adresse à un chauffeur de taxi, un simple coup de fil à un des agents et il fera la traduction par téléphone…Etc.

Bon par contre, ce genre de coup de main c’est surtout AVANT de te contractualiser la location de l’appartement. Faut pas déconner ! APRES avoir payé les frais d’agences etc, tu dois te servir ton verre d’eau tiède comme un grand. Mais tu veux encore compter sur leur réactivité pour tout type de problème lié à l’appartement.

Nominée n°4: Le fossé économique entre les pouvoirs d’achats d’un français et d’un chinois

Comme vous le savez, notre logement nous revient à environ 140€/personne et par mois. C’est lorsque on a annoncé le montant de notre loyer à Devin (un de nos 2 buddies chinois) que sa réaction nous a fait comprendre à quel point notre pouvoir d’achat d’occidentaux sur le sol chinois pouvait paraitre écoeurant pour le chinois moyen, quand bien même on tente de lui expliquer qu’en réalité le salaire chinois est en fait proportionnel au coût de la vie en Chine, comme c’est le cas en France (toutes proportions gardées). Effectivement, un pouvoir d’achat d’occidental dans un pays comme la Chine, c’est très confortable. Mais on lui a donné l’exemple du loyer que doit payer un français à Paris, ça l’a calmé.

On a toutefois eu moins de scrupule lorsqu’il nous a parlé du prix de son téléphone portable Samsung Galaxy : 5000 Yuan, soit 550€ le téléphone ! Nous n’avons jamais dépensé plus du 10ème d’une telle somme pour acheter un téléphone. Alors si les pouvoirs d’achat d’un français et d’un chinois ne sont pas les mêmes, leur sens des priorités ne l’est pas non plus.

Nominée n°5 : Se rendre à Carrefour un dimanche, et veille de jour de fête asiatique.

Ici, le Moon Festival (ou Mid Autumn Festival) c’est comme notre 31 décembre à nous : les chinois se retrouvent en famille ou entre amis, envoient le même texto à tout leur répertoire pour leur souhaiter plein de bonheur, font buguer le réseau téléphonique du pays, klaxonnent dans les rues, achètent toutes sortes de décoration locales, et mangent des (moon) cakes à s’en faire péter la panse. Rien de bien différent de nos fêtes occidentales finalement, n’est ce pas ?

C’est la veille de ce jour important, et en plein milieu du week-end qui plus est, que nous avons choisi de fouler les terres d’un des plus grands Carrefour de la ville, histoire de comprendre ce que signifie l’expression « bain de foule ».

A chaque tête de gondole des rayons se trouve une demoiselle qui hurle les promotions du moment dans un micro réglé à saturation. Imaginez le vacarme quand une 30aine d’entre elles crient en même temps leur slogan et la promo à ne pas louper (et oui, ils n’ont pas encore pensé à se synchroniser pour gagner en clarté). Actuellement, ce sont les marques de café qui se montrent le plus activement. Opérations marketing pour tenter de concurrencer le thé ? Car pour le moment, le café est extrêmement cher en Chine, et très peu prisé.

Nominée n°6 : Se retrouver enfermés à l’extérieur de chez soit

Samedi, c’était « Cultural Tour » au programme ! Traduction : nous avons traversé la ville en autocar climatisé pour une visite culturelle orchestrée à la minute, avec 3 arrêts le temps de prendre des photos. Bref, vous l’aurez compris : les chinois se sont vengés, ils ont inversés les rôles : cette fois, c’est nous qui sommes à la place des chinois qui payent un bras pour visiter Paris dans un bus climatisé et prendre un maximum de photos de tous les lieux clichés de la ville sans jamais se fondre avec la population locale.

Bref, lorsque nous sommes rentrés de cette journée, nous étions trempés jusqu’aux os puisque la ville de Guangzhou venait de subir un Typhon. Bon, ils sont un peu marseillais les chinois, parce que c’était surtout une bonne grosse averse avec quelques rafales. Pas de quoi décorner un boeuf. Et en sortant de l’ascenseur, nous nous sommes retrouvés tous les 4 nez à nez devant une porte fermée pour laquelle nous n’avions pas les clefs (dans notre résidence, chaque appartement à 2 portes : une première en fer, pour laquelle nous n’avions pas encore obtenu les clefs, et une seconde, en bois, classique). 2 amies sont venus en renforts avec quelques bières pour patienter dans le couloir, le temps que l’homme à tout faire de l’agence vienne trafiquer la serrure, après 1h d’attente.

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