Fenghuang (Hunan) – Dans la plus pure des traditions

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Fenghuang, ville ô combien appréciée des chinois, nous l’avons appris à nos dépends !

Pour se rendre à Fenghuang (prononcer « Fon Rouan »), on peut prendre un bus de la gare routière de Jishou (départs fréquents, 17Y). En théorie, le trajet est de 1h30, ce jour-là il a duré 4. En effet, en cette période de National Day, nous n’étions pas les seuls à vouloir profiter des charmes de cette ville, un des 10 lieux les plus attractifs de Chine. Ce 4 Octobre 2011, la ville était tout simplement saturée à cause d’un afflux de touristes trop important. Les autorités avaient donc décidés de fermer la frontière de la ville, le temps que la ville se désengorge.

Fenghuang, ville traditionnelle du Hunan

Arrivés à Fenghuang, on réalise la signification du mot bondé : circulation difficile, utilisation effrénée du klaxon – qui sert tantôt de clignotants, de signal de dépassement ou d’avertissement pour les piétons… C’est la loi du plus fort : le bus impose ses règles, les voitures s’adaptent, les deux roues subissent, et le piéton improvise et encaisse les coups.

C’est parti pour une visite de Fenghuang, sac sur le dos, en nous frayant un chemin au milieu des hordes de touristes chinois.

Suivez le guide !

Nous sillonnons les vielles ruelles pavées, bordées d’échoppes qui proposent tantôt des peignes en bois, des bijoux en toc, des crapauds musicaux, des images hologrammes de la ville, des ustensiles de massage et tout un tas d’autres bibelots dont les chinois sont friands.

L’entrée des charcuteries locales est constamment ornée des célèbres têtes de cochons aplaties, et les nombreuses pharmacies traditionnelles du Hunan invitent à la dégustation de kiwi ou de cerises séchées, bon pour la santé. Quant aux hommes en blouses que l’on peut observer à travers les vitrines de leurs laboratoires qui ont pignons sur rue, ils travaillent cette matière étonnament élastique, couleur nacre, qui leur permet en fait de confectionner les fameux bonbons aux gingembres, l’une des fiertés de la ville de Fenghuang. Certains de ses bonbons sont toutefois travaillés à la main dans les ruelles.

D’ailleurs, pour se restaurer, on ne manque de rien, on a le choix entre des brochettes de crabes, de crevettes, ou autres fruits de mer péchés dans le fleuve qui traverse la ville; vous trouverez aussi des tranches de pastèques à 3Y, des brochettes de pommes de terres ultra pimentées, des barquettes de « tofu qui pue », des sucreries aux amandes qui concurrence les bonbons au gingembre, des petits gâteaux aux noix confectionnés devant vos yeux baillis, des soupe de noodles à emporter…etc.

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La cité offre tout un panel d’éléments architecturaux traditionnels chinois. Partez de la place centrale de la vieille ville ou s’impose la statue du Phoenix – symbole de la ville -, longez les remparts en visitant les tours de guets, empruntez le pont couvert Hong, recueillez-vous dans l’un des nombreux temples de la ville (photos interdites), et finissez la promenade en vous baladant le long du fleuve qui traverse le bourg, pour admirer la vue sur les pagodes et les maisons sur pilotis qui le bordent.

Le soir venu, deux options : 1) Goûter la cuisine typique du Hunan en commandant du bœuf sauté aux piments et du choux braisé (aux piments aussi), ou 2) Profiter des grands étals de nourriture installés tout le long d’une des rues principales qui part du pont, et où l’on peut choisir entre tout un tas de légumes, de viandes, de brochettes, de nouilles sautés et de riz qui sont cuisinés sur place au moyen d’une plaque de fonte sur un feu. Allez déguster tout ça sur des grandes tables en bois en vous fondant dans la masse et dans la fumée. Ambiance foire de la saucisse version asiatique.

Évidemment, on a testé les deux et on a adoré ! Après chaque dinner, on s’est réfugié dans le bar Raise High The Roof qui, bien que ne présentant aucun intérêt particulier en termes de folklore chinois, nous a permis de rencontrer tour à tour Trevor, Ding Ling et Johy, 3 jeunes adultes chinois qui se sont tous proposés d’être nos guides dans les villes de Zhangjijaje (Hunan, centre sud), Kunming (Yunnan, sud ouest) et Chengdu (Sichuan, centre) ; mais aussi Jamie et Andrew, professeur d’anglais à Changsha (Hunan, centre sud).

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On a aimé ce Fenghuang là, mais moins le Fenghuang touristique …

L’envers du décor

La ville de Fenghuang est défigurée par les nombreuses installations qui accueillent toujours plus de touristes. On ne parle pas de grandes chaines d’hôtels, de travaux à chaque coin de rue, ou de complexes culturels comme ce serait le cas chez nous en Europe, mais plutôt des nombreuses petites rues à merdier et du boucan interminable qui accompagne le grouillement des foules qui se déplacent dans la ville.

Des grands panneaux lumineux et des néons ornent désormais la plupart des jolies maisons sur pilotis. Qui dit plus de touristes, dit plus de déchets ; les chinois n’étant pas les pros du traitement de déchets ou du recyclage, la plupart sont déversés dans le fleuve qui traverse Fenghuang. Ce même fleuve où sont pêchés les crabes qu’on vous sert en brochettes et dans lequel les femmes du village font leur lessive à l’ancienne. Mais c’est aussi toujours plus de restaurants et de bars. En se baladant, on a remarqué un bar dont la déco était pour le moins originale où des dizaines de bouteilles de bière étaient suspendues à la terrasse. Finalement, quelques pas plus loin, ce sont tous les bars qui arborent la même décoration « originale ».

L’envers du décor n’est pas non plus très glorieux lorsque l’on s’éloigne des artères principales pour aller visiter les petites ruelles peu fréquentées. Alors qu’on essayait de s’éloigner de la foule en passant sur un petit pont qui enjambait un des affluents, nous avons eu la désagréable surprise de voir que ce cour d’eau avait une double utilité, puisqu’au moment de prendre une photo, un gros « plouf » atterrissant directement dans l’eau sous nos yeux nous permit de comprendre que quelqu’un venait tout juste de tirer la chasse et que l’affluent servait également d’écoulement pour les toilettes. Assez rudimentaire et moyenâgeux, vous en conviendrez. Finalement, on s’est dit que les rues très fréquentées, c’était pas si mal.

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Dans ces rues là, tous les 100 mètres, une personne occupe un emplacement de vente sommaire qui lui permet tout juste de céder quelques marrons chauds ou coquillages fris contre quelques yuans, selon l’humeur de la balance portative qui lui permet de déterminer le poids de la marchandise. D’ailleurs, c’est fou ce que le marron standard est lourd quand le client est occidental. Ce qui nous a marqué dans le Hunan, c’est le nombre de vendeurs ambulants qui proposent des grignotages en tout genre, du sucré au salé, de l’ordinaire au surprenant. Les prix sont bas et la nourriture variée.

On a aussi été très sollicités pour participer à des activités typiquement chinoises, mais on ne s’est pas laissé tenter pour autant par la promenade en fausse gondole sur le fleuve-à-caca, par la visite d’une soi-disant « National Forest » rendue accessible par la ville pour la modique somme de 140 Y, et encore moins par les photos payantes que l’on peut prendre avec de faux locaux qui arborent leurs plus beaux faux costumes traditionnels.

Une atmosphère particulière

Fenghuang, c’est le genre de ville qu’il faudrait ne pas perturber pour espérer extraire ce nectar d’authenticité et de simplicité qui émane de ses ruelles. On se sent comme en famille en passant régulièrement devant le même groupe de bonhomme qui jouent aux échecs chinois sur une blanche en bois du matin au soir, avant de rentrer au domicile du couple qui nous héberge, ou en croisant des enfants qui nous sourient.

Se promener dans Fenghuang lorsque le soleil s’est couché, c’est la découvrir autrement : les silhouettes humaines ne dénaturent plus le paysage et contribuent même au spectacle qu’offrent les illuminations des plus belles pièces architecturales de la ville, des reliefs du Pont Hong à la pagode qui lui fait face.

En fin de compte, Fenghuang est pleine de surprise et de poésie (tout dépend de quel côté du pont vous vous trouvez😉 ), mais nous l’avons quitté avec l’espoir de revenir la visiter sous son manteau d’hiver, le meilleur moment pour l’apprécier étant sans doute lorsqu’elle est désertée.

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Lila Corre & Hugo Caffarel

pour Rions Cantonais.

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