La Chine tu l’aimes ou tu la quittes


La Chine tu l’aimes ou tu la quittes

Non, cet article ne parlera pas de la considération que les chinois ont pour les occidentaux, ou de la haine de l’étranger engendrée par des comportements tel que celui de cet asshole qui fait le buzz actuellement sur les réseaux sociaux chinois pour avoir tenté de violer une chinoise en pleine rue à Pékin.

Non, dans cet article, on va plutôt vous livrer notre état d’esprit du moment, chose que l’on fait assez rarement sur ce blog. Les lecteurs qui nous suivent depuis le début savent que le regard critique que nous portons sur la Chine est le pur témoignage de notre affection pour ce pays. Mais on s’attarde assez peu à vous dire ce que nous pensons réellement de cette Expérience Chine. 

Une cuve encastrée dans la table, du charbon à disposition, et voilà une aire de BBQ autorisée au beau milieu d’un parc à Guangzhou. ATTENTION BON PLAN

Hier soir, on roulait à contresens d’une circulation d’enfers, à l’arrière d’une mobylette, les mains sur les hanches d’un chinois qu’on ne connaissait pas, en l’échange de 5Y  -comme on le fait souvent pour se déplacer-. On allait retrouver des amis qui nous attendaient à Xiaogang Park pour une soirée barbecue au beau milieu du parc en pleine nuit (à intégrer dans 10 choses à faire à Guangzhou). C’est dans ces moments-là qu’on réalise à quel point l’Expérience Chine est fascinante.

Le taxi-mob à tous les coins de rue, et le barbeuc’ en pleine nuit dans un parc, ce sont 2 choses que vous ne ferez jamais en France tant les lois et les réglementations d’un pays développé sont restrictives en terme de liberté, au nom du développement justement. Ca fait réfléchir.

Mais le raisonnement va bien plus loin :

Comme la plupart  des occidentaux présents à Guangzhou, nous avons tous les deux délibérément CHOISI de venir étudier puis travailler ici. Le verbe choisir est important. Car on ne vient pas vraiment en Chine par hasard ou par obligation, et encore moins à Guangzhou ! Quand on choisit de vivre à Guangzhou, c’est un peu pour sortir de sa zone de confort, vivre la Chine. Car Guangzhou est encore bien loin (et tant mieux) de la modernité Shanghaienne, du développement de la capitale Pékinoise, ou de la très occidentalisée ville de Hong Kong. Guangzhou, c’est l’aventure à tout moment.

Bref, CHOISIR cette expérience de la Chine, c’est un peu comme pour ceux qui choisissent de faire du camping sauvage alors qu’ils pourraient se payer l’hôtel : c’est fuir le confort auquel on est habitué chez soi -ou en tout cas de le mettre de côté pendant un temps- parce qu’il est extrêmement agréable de changer sa façon de vivre.

« La Chine, tu l’aimes ou tu la quitte », parce que nous autres occidentaux en Chine, à la différence de la population chinoise qui est née ici, qui a sa famille ici, qui travaille ici, et qui vivra toute sa vie ici, nous, nous ne sommes que de passage. A plus ou moins long terme certes, mais de passage quand même. Une sorte d’expérience de vie en CDD.

Si du jour au lendemain il nous devient insurmontable d’y vivre plus longtemps, absolument RIEN ne nous empêche techniquement d’envisager une vie ailleurs, contrairement aux chinois, qui sont un peu Stuck in China (= »coincé en Chine » pour les ennemis de l’anglais).

L’Expérience Chine est donc à prendre comme un jeu, avec un rôle d’acteur, mais aussi d’observateur, qui procure le recul nécessaire pour relativiser les difficultés inhérentes au fait de vivre dans un pays en développement.

(cf 11 sources d’agacements pour un étranger en Chine).

Ce qu’on essaye de vous dire, c’est que venir vivre en Chine, c’est aussi accepter d’être un étranger, et accepter de vivre différemment, et faire pas mal de sacrifices. C’est surtout apprendre à accepter les différences, essayer de les comprendre, et s’adapter. Pour s’intégrer, finalement.

Pour faire simple : on ne peut pas vivre en Chine et gueuler sur le serveur chinois parce qu’il ne comprend pas ce que tu souhaites commandes à bouffer. C’est à l’étranger de faire des efforts. Et en retour, au chinois d’apprécier les efforts effectués. On met toujours un peu de temps à accepter ça au début, mais après la vie en Chine parait tellement plus belle.

Hugo et Lila, Rions Cantonais